Tutelle Curatelle
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Tutelle


Introduction

Personnes concernées

Quatre formes de tutelle

Effets de la tutelle

Qui fait la demande

Forme de la demande

Examen de la requête

Le jugement

Organes de tutelle

Cessation de la tutelle (mainlevée)

Recours - Refus de mise sous tutelle

Signaler les manquements du tuteur

Le conseil de famille

Pour toute information



► Introduction

Le régime de la tutelle s'applique à une personne qui a besoin d'être représentée de manière continue dans les actes de la vie civile. Cela suppose une altération grave des facultés mentales ou corporelles.
C’est le régime de protection le plus contraignant et le plus lourd à mettre en oeuvre. La personne incapable d’accomplir elle-même les actes de la vie civile est représentée d’une manière continue. Une tutelle ne peut en aucun cas être prononcée pour “déviance sociale”.


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Personnes concernées :

• Facultés mentales altérées par une maladie,
• Victimes d’une infirmité ou d'un affaiblissement dû à l'âge
• Altération des facultés corporelles qui empêchent l'expression de la volonté.
• Etat général dont résulte une mise en péril de l'exécution des obligations familiales.

L'altération doit être médicalement établie par un médecin expert



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► Il existe quatre formes de tutelle :

1 - La tutelle avec conseil de famille : (appelée aussi "Complète" ou "Familiale")
Cette forme de tutelle nécessite la constitution d’un conseil de famille et la désignation d’un tuteur et d’un subrogé tuteur.
Ce mode de désignation est aujourd’hui rarissime hors les cas de patrimoine très important.

Le juge des tutelles nomme les 4 à 6 membres qui composent le conseil de famille.
Le conseil de famille présidé par le juge règle les conditions générales de vie du majeur protégé et contrôle les actes effectués par le tuteur dont il fixe, au besoin, la rémunération.
Le subrogé tuteur exerce une mission de surveillance générale du tuteur.
Le conjoint du majeur protégé a, en principe, vocation à être son tuteur. A défaut, le conseil de famille nomme le tuteur qui peut être un parent, un ami, un tiers voire même une personne morale (association tutélaire, fondation…).

Le tuteur peut agir seul pour les actes d'administration (payer les factures , effectuer les déclarations d'impôts , faire les démarches administratives , ...) mais doit obtenir l'autorisation du conseil de famille pour les actes les plus graves.


2 - La tutelle sans conseil de famille : (appelée "Administration Légale sous Contrôle Judiciaire")
Cette forme de tutelle ne nécessite pas la constitution d’un conseil de famille ni la désignation d’un tuteur et d’un subrogé tuteur.
Ce mode de désignation est aujourd’hui préféré à la tutelle avec conseil de famille, beaucoup plus difficile à mettre en place.

Le juge des tutelles nomme le représentant légal du majeur protégé qui est appelé "Administrateur Légal".
L’administrateur doit être un parent ou un allié de la personne protégée et doit être à la fois digne de confiance et apte à gérer son patrimoine.

L'administrateur ne peut faire seul que des actes conservatoires, les autres actes sont soumis à l'accord du juge des tutelles.


3 - La tutelle en gérance : si aucun membre de la famille n'est apte à assurer les fonctions de tuteur, la tutelle est confiée soit à un gérant de tutelle professionnel inscrit sur la liste des administrateurs spéciaux établie par le procureur de la République soit au gérant de tutelle d'un établissement de soin.

Désignés en principe pour la gestion des patrimoines modestes, les gérants de tutelle voient leurs pouvoirs d’action également limités. Ils ne peuvent, que percevoir les revenus et les appliquer à l’entretien et au traitement de la personne à protéger. L’excédent est déposé chez un dépositaire agréé.

Essentiellement chargé d'assurer la gestion du patrimoine du majeur protégé, le gérant de tutelle est désigné par le juge parmis les personnes physiques ou morales (associations tutélaires…) inscrites sur la liste établie annuellement par le procureur de la république.
L'exercice de sa mission occasionne une rémunération arbitrée par le juge et financée par le patrimoine du majeur protégé dont il assure la bonne gestion.
Lorsque le majeur protégé est hospitalisé ou placé dans un établissement, le gérant de tutelles peut être désigné parmi le personnel de l'établissement de soins.


4 - La tutelle d'Etat : Si aucune personne, dans l’entourage familial du majeur, n’est en mesure d’exercer la charge tutélaire c'est l’État qui intervient.
La tutelle d'Etat ne comporte ni conseil de famille ni subrogétuteur. Le tuteur agit sous contrôle du juge des tutelles.

La tutelle d'Etat est confiée au préfet, lequel la délègue à un notaire ou à une personne physique ou morale (association tutélaire, fondation…) inscrite sur la liste établie annuellement par le procureur de la république.

Selon son état de santé et après avis de son médecin traitant, le juge peut laisser au majeur protégé le pouvoir d'accomplir lui-même certains actes, seul ou avec l'assistance de son représentant légal. La mise en œuvre de cette tutelle aménagée peut être décidée dès l'ouverture du régime de protection ou à posteriori.


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Effets de la tutelle

En ouvrant la tutelle, le juge peut énumérer certains actes que la personne en tutelle aura la capacité de faire seule.

• Le majeur sous tutelle ne peut plus passer d'actes à compter du jugement. (Ceux passés antérieurement depuis moins de cinq ans peuvent être annulés sous certaines conditions).
• Le majeur sous tutelle ne peut se marier sans l'autorisation du conseil de famille ou du juge des tutelles.
• Le majeur sous tutelle perd sa capacité électorale.
• Le majeur sous tutelle ne peut tirer ou encaisser des chèques : le chéquier porte les noms du majeur sous tutelle et de son tuteur.
• Une carte de retrait peut être émise au nom du majeur sous tutelle avec autorisation du juge.
• Le tuteur encaisse les ressources de la personne protégée, paye les dépenses et gère “en bon père de famille” l’argent qui reste avec l’accord du juge des tutelles.
• Après accord du tuteur, le majeur sous tutelle pourra faire seul des menus achats de la vie quotidienne (pain, journal...).
• Le majeur sous tutelle ne peut plus conclure des contrats bancaires. Cette charge revient au tuteur avec l’autorisation du juge.
• Le tuteur représente la personne protégée dans tous les actes de la vie civile.
• Le tuteur peut accepter une donation sans charges afférentes, ouvrir et gérer un compte courant, agir en justice pour défendre les droits patrimoniaux de la personne protégée ou intervenir en défense dans toute action contre elle...
• Le tuteur ne peut recevoir de capitaux ni en disposer seul, sans l’autorisation du juge. Les capitaux reçus doivent être déposés sur un compte au nom de la personne protégée dans le mois qui suit. Si le délai est dépassé, le tuteur pourrait être mis en cause et condamner au paiement d’indemnités pour préjudice.
• Pour les actes de vente, placement etc.. (actes de disposition), le tuteur doit obtenir l’autorisation du juge des tutelles qui peut exiger que certaines mesures soient respectées (prévoir la manière dont les fonds recueillis seront employés). Cette autorisation est également nécessaire pour emprunter au nom de la personne protégée, pour vendre ou hypothéquer un immeuble, un fonds de commerce, des valeurs mobilières et autres droits incorporels, des meubles précieux ou qui représentent une part importante du patrimoine du majeur sous tutelle.
• Le juge des tutelles permet au tuteur de percevoir une succession manifestement bénéficiaire, ou d’y renoncer, d’introduire une action en justice concernant les droits non patrimoniaux du majeur protégé.
• Pour le logement principal (en particulier pour sa vente et celle de son mobilier), l’autorisation du juge des tutelles, sur l’avis du médecin traitant, est obligatoire.


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Qui fait la demande :

• la personne elle-même,
• son conjoint, à moins que la communauté de vie n'ait cessé entre eux,
• ses descendants, ascendants, frères ou sœurs,
• le curateur, si une curatelle a été précédemment ouverte,
• le ministère public.
Le juge des tutelles peut se saisir d'office si des proches ou membres de la famille lui signalent une personne susceptible d'être mise sous curatelle.
(Voir modèle de lettre)


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Forme de la demande

• Le demandeur saisit par requête le juge des tutelles au tribunal d'instance du domicile de la personne à protéger.
• La requête doit être écrite, adressée au secrétariat-greffe du tribunal.
• Joindre un certificat médical établi par un médecin inscrit sur la liste établie par le procureur.
Cette liste doit etre demandée au secrétariat du service des tutelles du tribunal d'instance (par écrit ou par téléphone).

(Voir modèle de lettre)


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Examen de la requête

• Le juge dispose d'un délai d'un an pour rendre sa décision.
• Il auditionne la personne à protéger et éventuellement son médecin traitant et ses proches.
• Il peut consulter des experts, procéder à une enquête sociale, auditionner les parents ou amis.
• Une fois l'instruction du dossier terminée, le juge le transmet au procureur de la République.


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Le jugement

• La personne à protéger, le requérant et leurs éventuels avocats sont prévenus de la date de l'audience.
• Le juge des tutelles peut encore y entendre les différentes parties et leurs avocats.
• L'audience n'est pas publique.
• La décision rendue par le juge peut prévoir le placement de la personne sous tutelle, ou, si son état le permet, seulement sous curatelle.
• Si le jugement prévoit la mise sous tutelle de l'intéressé, il procède à la mise en place de la tutelle.



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Organes de tutelle

• Le tuteur est désigné soit par le conseil de famille (si le juge en a constitué un), soit par le juge.
• Le conseil de famille peut également nommer un subrogé tuteur, chargé de surveiller le tuteur.



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Cessation de la tutelle (mainlevée) :

• Si le maintien sous tutelle ne semble plus nécessaire, il est possible de demander sa cessation.
• Elle peut être demandée par la personne elle-même, sa famille, ses proches.
• Le juge des tutelles peut également se saisir d'office
• La procédure est la même que pour la demande de mise sous tutelle.
• Au terme de l'instruction, le juge prononce la mainlevée, maintient la tutelle ou éventuellement la transforme en curatelle, moins contraignante.



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Recours - Refus de mise sous tutelle

• Dans ce cas, seule la personne qui en a fait la demande peut contester le jugement.
• Elle doit introduire un recours dans les quinze jours suivant la notification du jugement
• La demande doit être effectuée par lettre recommandée avec demande d'avis de réception.

(Voir modèle de lettre)


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Signaler les manquements du tuteur

• Les membres de la famille d'une personne protégée ou un tiers peuvent agir s'ils pensent que le tuteur ne respecte pas ses devoirs ou fait preuve de manquements graves.
• Les membres de la famille s'adressent au juge des tutelles ou au procureur de la République pour signaler les actes ou comportements du tuteur dont ils ont connaissance.
• Le juge des tutelles saisi soit par la famille ou par le procureur pourra prendre les mesures nécessaires : destitution du tuteur, remplacement .

(Voir modèle de lettre)


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Le conseil de famille, aujourd’hui exceptionnel

Le conseil de famille est composé de quatre à six membres, tuteur non compris, qui sont choisis par le juge des tutelles. En principe les lignées paternelle et maternelle y figurent à égalité. Des amis, voisins ou autres personnes proches, s’intéressant au majeur peuvent également être désignées. Il est présidé par le juge des tutelles.
Cependant la composition du conseil de famille, bien que très ouverte, s’avère de plus en plus problématique en raison de l’éclatement des familles (divorce, dispersion géographique), des désaccords familiaux, voire du désintérêt éventuel à l’endroit du proche en situation de faiblesse.

Il revient au conseil de famille de choisir le tuteur et le subrogé tuteur (de lignée différente de celle du tuteur). Le subrogé tuteur a pour fonction de contrôler la gestion du tuteur et de représenter le majeur protégé lorsque ses intérêts sont en opposition avec les actes du tuteur. Si le subrogé tuteur constate des fautes dans la gestion du tuteur, il doit avertir le juge des tutelles au plus vite sous peine de voir sa propre responsabilité engagée.

Cette difficulté à constituer un conseil de famille, à le réunir et le faire fonctionner, fait que la tutelle complète devient de plus en plus rare, en matière de protection des majeurs.



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Pour toute information

S'adresser :
• au service d'accueil et de renseignements d'un tribunal,
• au service de consultation gratuite des avocats (se renseigner dans les mairies et les tribunaux)
• à un avocat.

Sur le site du Service-Public, vous pouvez trouver les coordonnées des Tribunaux d’instance, Grande Instance et Greffes : http://www.justice.gouv.fr/recherche-juridictions/consult.php