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0bligation alimentaire


Introduction

Qu'est-ce que l'obligation alimentaire ?

Qui est concerné par l’obligation alimentaire ?

Quels sont les critères pour l'instauration d'une obligation alimentaire ?

Deux conditions pour la mise en place de l'obligation alimentaire

Quelles formes peut prendre l’obligation alimentaire ?

Quelles conséquences pour les enfants ?

Refus de payer la part d’un obligé alimentaire

Quand peut-on contester l’obligation alimentaire ?

Pourquoi saisir le Juge ?

Comment est déterminée la participation de chacun des obligés alimentaire ?

L'obligation alimentaire est-elle déductible fiscalement ?

Comment est calculé le montant de l'obligation alimentaire ?

Obligation alimentaire et aide sociale

L'obligation alimentaire... Pour combien de temps ?

Pour toute information



► Introduction

Lorsqu'une personne se trouve en situation de détresse financière, il est naturel de faire jouer les structures de soutien et d'entraide mises en place par la société. Pourtant, la loi prévoit que le premier réseau de solidarité qui doit jouer est celui de l'entraide familiale.

Les membres d'une famille ont ainsi l'obligation d'aider celui d'entre eux qui se trouverait dans le besoin: c'est le principe de l'obligation alimentaire.



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► Qu'est-ce que l'obligation alimentaire ?

Le code civil (article 205) indique que «les enfants doivent des aliments à leurs père et mère ou autres ascendants qui sont dans le besoin».

Aider signifie donner tout ce qui est indispensable pour vivre, c'est à dire procurer la nourriture, les vêtements, le logement, les frais médicaux et pharmaceutiques. Le terme "aliments" revet une signification bien plus étentue que la simple nourriture.

Cette obligation à double sens s'applique des parents aux enfants, des enfants aux parents, ainsi qu'entre époux.

L'obligation s'étend aux descendants par alliance, qui doivent assistance à leurs beaux-parents dans le besoin.

La jurisprudence reconnaît en revanche que l'obligation des gendres et des belles-filles prend fin en cas de divorce. C'est aussi le cas lors du décès de l'époux qui créait l'alliance lorsque les conjoints n'ont pas eu d'enfants.


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► Qui est concerné par l’obligation alimentaire ?

• Les enfants envers leurs parents et autres ascendants (Article 205 du Code civil) ;

• Les gendres et belles-filles envers leurs beaux-parents (Article 206 du Code civil) ;

• Les époux entre eux (Article 214 du Code civil) ;

• L'adopté envers l'adoptant et inversement (Article 367 du Code civil) ;

• Les personnes tenues à cette assistance sont désignées sous le terme de «débiteurs d'aliments».

C'est à eux que l'on peut faire appel lorsque les revenus des personnes âgées ne suffisent pas à payer l'intégralité d'un séjour en maison de retraite.


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► Quels sont les critères pour l'instauration d'une obligation alimentaire ?

• Les besoins de la personne à protéger et ses revenus ;
• Les revenus disponibles des débiteurs d'aliments.


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► Deux conditions pour la mise en place de l'obligation alimentaire

• La personne bénéficiaire de l’aide doit être dans le besoin ;
• Son «débiteur d'aliments» doit avoir les moyens financiers de lui venir en aide.

Un simple accord entre les parties concernées suffit en général.
La justice n’intervient qu'en cas de conflit.
A défaut d'un accord à l'amiable, il existe des situations dans lesquelles les parents sont contraints de saisir le juge aux affaires familiales auprès du tribunal de grande instance pour faire jouer l’obligation alimentaire.
Le juge fixe le montant de la pension après avoir évalué les besoins du parent concerné et pris en compte les ressources d’un ou des enfants.


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► Quelles formes peut prendre l’obligation alimentaire ?

• L'obligé alimentaire peut verser une pension alimentaire directement au parent qu'il soutient.
• L'obligé alimentaire peut prendre en charge le loyer ou les charges locatives.
• L'obligé alimentaire peut assurer le paiement des frais de maison de retraite.
• L'obligé alimentaire peut mettre gratuitement à disposition un logement qui lui appartient.


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► Quelles conséquences pour les enfants ?

Un enfant peut être tenu de payer le séjour d'un de ses parents en résidence si ce dernier est dépourvu des moyens financiers nécessaires au paiement de son séjour. Cette obligation incombe également au gendre ou à la belle-fille.

Les établissements hospitaliers et maisons de retraite sont fondés à demander l'intervention de la justice pour obtenir le paiement de leurs factures.


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► Refus de payer la part d’un obligé alimentaire

Si l'obligé alimentaire refuse de payer, une simple procédure de saisie permet, sur intervention d'un huissier de justice, de prélever à la source les revenus du débiteur sur son salaire ou directement sur son compte bancaire.
En cas d'urgence (procédure trop longue) ou d'impossibilité réelle de payer (non solvabilité du débiteur), il est possible de demander une aide de la Caisse d'Allocations Familiales de la personne âgée.


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Quand peut-on contester l’obligation alimentaire ?

L'article 205 du code civil stipule que les enfants sont tenus d'entretenir leurs parents, dès lors que ceux-ci ne peuvent subvenir à leurs besoins.
Cependant, en vertu de l'article 207 du code civil, il peut arriver que le juge aux affaires familiales les affranchisse de cette obligation (par exemple dans le cas d'enfants maltraités par leurs parents).

Lorsque le créancier (celui qui réclame l'aide alimentaire) a lui-même manqué gravement à ses obligations envers le débiteur (celui à qui on réclame l'aide), le juge peut décharger celui-ci de tout ou partie de la dette alimentaire.

Les enfants qui ont été retirés de leur milieu familial par décision judiciaire durant une période d'au moins 36 mois cumulés avant l'âge de 12 ans sont, sous réserve d'une décision contraire du juge aux affaires familiales, dispensés de fournir cette aide alimentaire.


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► Pourquoi saisir le Juge ?

Il arrive fréquemment qu'une personne âgée soit à la charge d'un seul de ses enfants. Lorsque le poids financier qui en découle devient trop lourd, l'ensemble de la famille peut décider à l'amiable de se répartir cette charge.
En revanche, en cas de mésentente ou de mauvaise volonté, il est préférable de saisir le juge aux affaires familiales.

La procédure de saisine du juge aux affaires familiales peut se faire par simple courrier auquel on joindra un dossier précisant l'état des revenus de la personne concernée et ses besoins financiers, en n'oubliant pas d'indiquer les noms et adresses de tous les obligés alimentaires.

Le recours à un avocat n'est pas nécessaire, mais néanmoins conseillé.


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► Comment est déterminée la participation de chacun des obligés alimentaire ?

Lorsqu'il existe plusieurs descendants (frères et sœurs) obligés alimentaires, une disparité dans les revenus de chacun ne signifie pas que ceux qui ont plus de revenus payent pour ceux qui ne le peuvent pas.

Un obligé alimentaire paiera uniquement en fonction de ses revenus. Le montant dépend de l'état de nécessité du créancier d'aliments (le parent dans le besoin) et des ressources du débiteur (l'enfant appelé à contribuer).

Il n'existe pas de grilles d'évaluation à la disposition des familles pour calculer le quotient familial qui détermine la part de chacun dans l'obligation alimentaire.

En cas de conflits familiaux, c'est le Juge aux Affaires Familiales qui est compétent pour trancher.


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► L'obligation alimentaire est-elle déductible fiscalement ?

La pension versée dans le cadre de l'obligation alimentaire est déductible des revenus imposables.
Le code général des impôts n'impose ni minimum ni maximum pour ce qui est versé aux ascendants.
Chacun doit néanmoins être en mesure d'apporter la preuve de son versement (ou de l'avantage en nature). Les parents doivent aussi déclarer le montant de la pension alimentaire qu'ils perçoivent (ou de son équivalent en nature).

La jurisprudence se réfère généralement au montant du SMIC pour évaluer les besoins de la personne devant bénéficier de l'obligation alimentaire. Il est par ailleurs conseillé aux débiteurs d'aliments de prévoir des justificatifs inattaquables (factures, virements, etc.) afin de justifier la déduction fiscale de l'aide apportée.


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► Comment est calculé le montant de l'obligation alimentaire ?

La détermination du montant de l'obligation alimentaire dépend des besoins de la personne à protéger et des revenus disponibles des obligés alimentaires.

En principe, c'est le juge qui détermine le montant de la pension après avoir convoqué les intéressés.

Ce montant est révisable en cas de changement de la situation financière d'une des parties et en fonction de l'évolution du coût de la vie.

Le jugement ou l'accord peuvent d'ailleurs indiquer a priori une clause d'indexation.


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► Obligation alimentaire et aide sociale

Une personne âgée qui manque de ressources financières pour vivre peut bénéficier d'une aide attribuée par les autorités locales : l'aide sociale.

Toutefois l'aide sociale ne peut se substituer à la famille. Ainsi lorsqu'une personne bénéficie de l'aide sociale, la commune ou le département de sa résidence peuvent exiger de la famille le remboursement des frais engagés.

La commission d'attribution de l'aide sociale fixe le montant de l'obligation alimentaire et propose la répartition de l'obligation alimentaire entre les enfants.

C'est également la commission d'attribution qui évalue les besoins de la personne âgée et aide le juge à fixer le montant de l'obligation d'aliments.

En cas de contestation sur la répartition, le recours à un juge est obligatoire. La commission d'attribution de l'aide sociale aide alors le juge à former sa décision.

Toutes les aides sociales aux personnes âgées dépendantes n'entraînent pas ipso facto que l'on sollicite les personnes "débitrices d'aliments". Sauf disposition départementale contraire, les familles ne doivent participer au remboursement des frais engagés que dans les cas suivants :
• Hébergement des personnes âgées ;
• Placement en centre d’hébergement et de réinsertion sociale ;
• Aide médicale à domicile et en hôpital (sauf forfait journalier) ;
• Aide sociale aux repas dans les restaurants sociaux agréés ;
• Allocation simple aux personnes âgées ;
• Prise en charge des cotisations d’assurance ;
• Allocations aux anciens combattants.


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► L'obligation alimentaire.... Pour combien de temps ?

En principe, il n'y a pas de limitation dans le temps. Néanmoins, certains événements peuvent conduire à la limitation de l'obligation, voire à sa disparition.

Ainsi le divorce entraîne systématiquement la disparition de l'obligation qui était attachée au lien de parenté.

En revanche, le décès du conjoint ne remet pas en question les liens alimentaires avec la belle-famille dès lors que des enfants issus de cette union y survivent.

Plus généralement, l'obligation alimentaire peut être discutée si son créancier (la personne âgée) a gravement manqué à ses obligations envers le ou les débiteurs, par exemple ses enfants (article 207 du Code civil).

Cependant, dans tous les cas, seul un juge sera à même d'exonérer le débiteur d'une partie ou de l'ensemble de ses obligations.


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► Pour toute information

S'adresser :
• Au service d'accueil et de renseignements d'un tribunal;
• Au service de consultation gratuite des avocats (se renseigner dans les mairies et les tribunaux) ;
• A un avocat.

Sur le site du Service-Public, vous pouvez trouver les coordonnées des Tribunaux d’instance, Grande Instance et Greffes : http://www.justice.gouv.fr/recherche-juridictions/consult.php


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Site aperçu dans le documentaire "Tutelles : Nos parents spoliés ?" diffusé sur France 3 le 01 juin 2011.
Remerciements à la réalisatrice Alexandra Riguet.